octobre 14, 2026
Accueil » « Le Délit de Diffusion de Fausses Nouvelles : Quand le Tandem Sonko-Diomaye Reprend la Stratégie Répressive de Macky Sall »

En seulement sept mois de gouvernance, le tandem Ousmane Sonko-Bassirou Diomaye semble suivre les traces de l’ancien régime de Macky Sall, en faisant un usage accru des accusations de « diffusion de fausses nouvelles ». Ce délit, longtemps utilisé par Macky Sall pour réprimer l’opposition et contrôler les discours dissidents, devient à son tour l’outil favori du nouveau pouvoir. De nombreux journalistes, militants et opposants en sont les premières victimes.

Sous Macky Sall, l’article 254 du Code pénal, criminalisant l’offense au chef de l’État, était régulièrement invoqué pour réduire l’opposition à sa plus simple expression. Aujourd’hui, le délit de « diffusion de fausses nouvelles » prend le relais, servant à justifier l’arrestation de voix critiques à l’égard du nouveau gouvernement. Parmi les figures les plus récentes interpellées, on trouve Bougane Guèye Dany, leader de Gueum Sa Bopp et candidat aux élections législatives, convoqué par la Division spéciale de cybersécurité pour injures publiques et diffamation.

Les journalistes ne sont pas épargnés. Cheikh Yérim Seck, chroniqueur et journaliste influent, est actuellement poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles suite à des propos tenus dans une émission télévisée. Placé en garde à vue, il fait face à des accusations similaires à celles pesant sur Kader Dia, un autre chroniqueur du groupe D-média, accusé de corruption et de propagation de fausses informations concernant un incident maritime tragique ayant causé la mort de nombreux migrants au large de Dakar.

L’ancien commissaire de police Cheikhouna Keïta, critique farouche du gouvernement, a également été arrêté pour diffusion de fausses nouvelles. Après avoir été radié de la police en 2013 sous Macky Sall, il a récemment été placé sous mandat de dépôt suite à des déclarations hostiles au Premier ministre Ousmane Sonko.

Même les directeurs de publication ne sont pas épargnés. Pape Moussa Traoré, à la tête du journal « La Tribune », a été convoqué par la gendarmerie après la publication d’un article sensible. Cette répression rappelle les heures sombres du régime de Macky Sall, où l’article 254 permettait de museler les opposants politiques. Aujourd’hui, le délit de « diffusion de fausses nouvelles » semble être la nouvelle arme du pouvoir pour contenir toute forme de dissidence.

Cette situation a également touché des personnalités comme l’activiste Bah Diakhaté et l’Imam Cheikh Tidiane Ndao, tous deux condamnés à trois mois de prison ferme pour avoir critiqué le Premier ministre Ousmane Sonko sur des sujets aussi sensibles que l’homosexualité. Cette utilisation systématique de la loi pour restreindre la liberté d’expression suscite des inquiétudes sur la direction que prend le Sénégal sous le tandem Sonko-Diomaye.

La question qui se pose désormais est de savoir si cette répression accrue des voix critiques, notamment à travers l’utilisation du délit de diffusion de fausses nouvelles, ne risque pas de ternir la promesse de renouveau politique que représentait l’élection d’Ousmane Sonko.

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